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Des formes et des couleurs Entre dépréciation et réappropriation du corps de la femme noire et afrodescendante

La femme noire a toujours fasciné l’Europe, fasciné et effrayé.
Première illustration: 1785 la Loi Tignon imposant aux Noirs une tenue réglementaire -afin de ne pas faire de l’ombre aux blancs- et surtout un foulard sur les cheveux des femmes, attirant l’œil de chacun.
Sans que jamais faute ne soit avouée, plusieurs de ses éléments esthétiques ont été repris puis réappropriés par ses oppresseurs.
Seconde illustration: la Tournure, vêtement visant à donner l’illusion d’un fessier développé, alors qu’à la même époque Saartjes Baartman est torturée pour cette morphologie avec laquelle elle est née.
Aujourd’hui, grâce aux avancées de la chirurgie esthétique, ces mêmes esthétiques fantasmées (n’ayant jamais évolués dans l’imaginaire commun) deviennent la nouvelle norme. Forte poitrine, taille marquée, hanches et fesses surdéveloppées, yeux en amande, lèvres pulpeuses, teint mate…
Troisième illustration: Kim Kardashian, après de multiples opérations de chirurgies esthétiques est internationalement connue et reconnue pour ce physique qu’on lui attribue désormais presque exclusivement.
L’on dit que l’Occident absorbe ou rejette, voici l’exemple parfait ici, où sont absorbés tous ces critères propres à la femme noire, mais est sans cesse rejetée la femme noire en tant que telle. En effet, sur ces nouveaux physiques idéalisés, la peau doit être claire et les cheveux lisses, bouclés au maximum. Cette problématique suit naturellement le parcours des dégâts post- esclavage à propos de la vision que l’on aurait de la femme noire. Après la ségrégation et la colonisation les critères de beautés ont dû inclure la femme noire, longuement exclue (traits non normés, cheveux, morphologie ou tout simplement couleur de peau), elle semble réapparaître depuis peu sur les devants de la scène, mais est-ce vraiment elle? Quel est le coût de tout cela?
Il aussi est intéressant de noter que la mode de l’Afrochic atteint son paroxysme, à l’ère où les femmes noires immigrées se voient proposer des travaux sous-payés, physiquement éreintants, ne leur permettant ni vie sociale, ni vie familiale. Cet Afrochic revendiquant le tissu hollandais qu’est le wax, cet afrochic qu’aucune femme noire ne pourrait se permettre de porter sous peine d’être accusée de communautarisme, de refus d’assimilation, de suicide social ainsi que professionnel. Cet Afrochic toujours préféré sur les femmes non noires, est l’une des déviations de cette fausse acceptation dont il est ici question.

Date

09 Déc 2020
Expired!

Heure

19:00 - 23:00

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